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Réponse à incident · analyse forensique

Le calme est un livrable.

Une crise cyber ne se gagne pas à l'énergie. Elle se gagne sur la qualification, l'ordre des gestes et la trace écrite — parce que dans trois mois, l'autorité de contrôle, l'assureur et vos clients demanderont ce qui est sorti, et depuis quand. Ce jour-là, seul ce qui a été consigné existe.

Notre ligne directrice

Nous n'avons pas inventé notre méthode de crise.

Sur la gouvernance, nous avons notre méthode propriétaire. Sur la réponse à incident, nous appliquons celle de l'ANSSI — l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Un prestataire qui vous propose sa doctrine de crise maison devrait éveiller votre méfiance : en situation d'urgence, le référentiel commun vaut mieux que l'originalité.

L'agence a publié un corpus de guides sur la remédiation, articulé en trois volets — stratégique, opérationnel et technique. C'est ce cadre que nous suivons, et que nous pouvons expliquer ligne à ligne à votre assureur comme à votre direction.

Dimension 1

Gestion de crise

Qui décide, qui informe, qui notifie. La cellule, la main courante, les obligations réglementaires et leurs délais — soixante-douze heures pour l'autorité de contrôle, souvent moins pour l'assureur.

Dimension 2

Investigation

Ce qui s'est passé, depuis quand, et ce qui est sorti. L'analyse forensique, menée sur les journaux, qui répondra aux questions posées trois mois plus tard.

Dimension 3

Remédiation

Reprendre le contrôle et rétablir un fonctionnement sain. C'est la séquence E3R, détaillée ci-dessous — et l'étape que les réponses trop rapides écourtent.

E3R Endiguement · Éviction · Éradication · Reconstruction
La séquence définie par le volet stratégique du corpus ANSSI sur la remédiation.
La décision qui vous appartient

Trois trajectoires de remédiation, trois prix à payer.

Le corpus ANSSI présente trois scénarios possibles. Le choix relève de la direction, pas de la technique — et c'est notre rôle de vous le poser clairement plutôt que de décider à votre place dans l'urgence.

Scénario 1

Restauration rapide des services vitaux

On repart le plus vite possible, en acceptant de ne pas tout comprendre.

Risque élevé de résurgence. C'est le scénario que la panique fait choisir.

Scénario 2

Retour à l'état antérieur

On reconstruit à l'identique, sans restructuration majeure de l'architecture.

Fonctionnement rétabli, mais les faiblesses qui ont permis l'attaque subsistent.

Scénario 3

Transformation durable

On profite de la reconstruction pour changer ce qui devait l'être depuis des années.

Plus long et plus coûteux à court terme. Le seul qui ferme le cycle.

Notre position — nous ne poussons pas systématiquement le troisième. Une entreprise qui perd cinquante mille euros par jour d'arrêt n'a pas le luxe de la refonte, et le lui reprocher serait déplacé. Mais le choix doit être fait en connaissance de cause, écrit, et assumé — pas subi parce que personne n'a posé la question le premier jour.
Référence : corpus de guides « Piloter la remédiation d'un incident cyber », volets stratégique, opérationnel et technique — Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Réflexes d'urgence alignés sur les fiches du CERT-FR et de cybermalveillance.gouv.fr.
Consulter le corpus sur cyber.gouv.fr
Ce que nous allons chercher, et dans quel ordre
Journaux de connexion Connexions réussies depuis des adresses inhabituelles, authentifications impossibles géographiquement, contournements de l'authentification forte.
Journal d'audit unifié Chaque action d'administration horodatée. C'est la pièce maîtresse — et sa durée de conservation dépend de vos licences, ce qui se vérifie avant l'incident.
Méthodes d'authentification ajoutées Le geste le plus révélateur, et le plus souvent manqué : l'attaquant enregistre sa propre application d'authentification. Changer le mot de passe ne le délogera pas.
Règles de boîte aux lettres Règles masquées qui déplacent ou effacent les réponses, transferts silencieux vers l'extérieur. La signature classique de la fraude au virement.
Applications autorisées Consentements accordés à des applications tierces, inscriptions d'applications créées par l'attaquant : un accès qui survit à toutes les réinitialisations de mots de passe.
Délégations et permissions Accès délégué sur une boîte, appartenance ajoutée à un groupe à privilèges, rôle d'administration attribué discrètement.
Modifications d'accès conditionnel Exclusion ajoutée à une politique, condition assouplie : une modification d'une ligne qui ouvre la porte sans rien casser de visible.
Recherches et exports Utilisation des outils de découverte pour parcourir les messageries, exports de données massifs : la trace de l'exfiltration.
Partages et liens créés Liens de partage anonymes générés sur des bibliothèques sensibles, synchronisations lancées vers un appareil non géré.

Les six premiers points concernent la persistance : les mécanismes par lesquels un attaquant conserve l'accès après avoir été « expulsé ». Une remédiation qui se limite à réinitialiser les mots de passe les laisse tous en place.

Ce qui se joue avant

Une investigation ne vaut que ce que valent vos journaux.

La durée de conservation des journaux dépend de vos licences et de votre configuration. Beaucoup d'organisations découvrent au moment de l'incident que leurs traces s'arrêtent trente jours en arrière — alors que la compromission a commencé quatre mois plus tôt.

C'est une question à traiter à froid, pas en crise. Nous la vérifions systématiquement lors de nos audits de tenant, et c'est souvent la correction la moins coûteuse et la plus utile que nous recommandons.

La question qui revient toujours

« Est-ce que des données sont sorties, lesquelles, et depuis quand ? »

L'autorité de contrôle la pose. L'assureur la pose. Vos clients finissent par la poser. Sans journaux conservés et sans analyse, la seule réponse honnête est « nous ne savons pas » — et cette réponse coûte plus cher que l'incident lui-même.

Le livrable qu'on ne montre jamais

Pendant que ça brûle, quelqu'un écrit.

La main courante est le document le moins spectaculaire et le plus décisif d'une crise. C'est elle qui alimente la notification réglementaire, le dossier d'assurance et le dépôt de plainte. Ouverte à la minute de l'appel, jamais reconstituée après coup.

Main courante · incident 2026-0412 Extrait — illustration
09:14 Appel du client. Comptabilité signale des courriels de fournisseurs restés sans réponse.Reçu par SPHERIS · ouverture de la main courante
09:22 Vérification : une règle de boîte masquée déplace les messages contenant « virement » vers un dossier vide.Qualification : compromission de messagerie
09:31 Sessions révoquées, mot de passe réinitialisé. Une seconde méthode d'authentification, ajoutée trois semaines plus tôt, est découverte et supprimée.Sans cela, l'accès aurait survécu
09:48 Export des journaux d'audit et de connexion sur quatre-vingt-dix jours, mis sous scellés.Préservation des preuves
10:05 Cellule de crise constituée. Direction informée, décideur désigné, consigne passée à la comptabilité : aucun virement sans validation téléphonique.Endiguement du risque financier
11:30 Analyse : première connexion illégitime datée du 19 mars. Deux autres comptes présentent le même schéma.La compromission précède la détection de 23 jours
14:00 Qualification « violation de données » examinée avec le délégué à la protection des données. Le délai de notification court depuis 09:14.Obligations réglementaires
J+2 Rapport d'investigation remis : périmètre, chronologie, données concernées, mécanismes de persistance supprimés, plan de durcissement.Transmissible à l'assureur et aux autorités

Extrait illustratif, reconstruit à partir de situations réelles et anonymisé. Notez l'écart entre la détection et le début de la compromission : c'est la règle, pas l'exception.

Urgence cyber

Si c'est en train d'arriver, appelez avant de réparer.

Les gestes des dix premières minutes déterminent ce qui restera récupérable et ce qui restera démontrable. Et le mauvais réflexe est souvent le plus intuitif.

Nous intervenons également pour des organisations dont l'informatique est exploitée par un autre prestataire ou par une équipe interne.

En attendant notre rappel
  • 1Isoler du réseauCâble, Wi-Fi, VPN, accès distants. Déconnecter les sauvegardes après avoir vérifié qu'elles sont saines.
  • 2Veille prolongée, pas extinctionSur les machines en cours de chiffrement : cela arrête le chiffrement et conserve la mémoire.
  • 3Ne rien payer, ne rien négocierAucun contact avec les attaquants avant d'avoir un avis.
  • 4Noter l'heure de toutChaque constat, chaque action, avec l'heure et le nom. Votre main courante commence maintenant.

Réflexes alignés sur les fiches du CERT-FR et de cybermalveillance.gouv.fr.